lundi 16 juin 2008

Le vélo, une activité qui gagne en popularité

Le Nouvelliste - Martin Robert

La route, ça se partage!

Trois-Rivières - Signe que l'activité gagne en popularité, les cyclistes sont de plus en plus nombreux sur nos routes. Hélas, la cohabitation entre cyclistes et automobilistes n'est pas toujours facile. Sans compter qu'elle exige la plus grande vigilance.
Il faut savoir qu'en matière de sécurité à vélo, les cyclistes ont la même obligation que les automobilistes: observer le code de la sécurité routière, à savoir le respect de la signalisation.

Si les automobilistes ont tendance à ignorer la présence des cyclistes sur les routes à l'extérieur des villes, à les coller sur le bord même quand il n'y a pas de trafic en sens inverse alors que la loi exige qu'un dépassement en bonne et due forme soit effectué dans ces circonstances, les cyclistes ne sont pas en reste en ville où ils brûlent des feux rouges, ne respectent pas les arrêts obligatoires et roulent souvent en sens inverse de la circulation.

La sécurité à vélo, cependant, c'est aussi de voir à ce que l'équipement soit en ordre et bien se protéger, notamment avec le port du casque et de vêtements voyants.

Le ministère des Transports du Québec a publié une brochure, Guide de sécurité à vélo, que les usagers peuvent se procurer dans les tous points de service de la SAAQ du Québec.

On y démontre comment faire du vélo en toute sécurité. S'il n'est que suggéré, il faut savoir que le port du casque peut éviter des blessures sérieuses et même mortelles. On dit que les blessures à la tête sont la cause d'environ 60¬% des décès chez les cyclistes.

Et encore, il faut porter un casque approprié. Le MTQ suggère le port d'un casque portant l'une des sanctions suivantes: CSA, CPSC, ASTM, EN ou SNELL.

La mise en place d'un phare et de lumières de sécurité est aussi fortement recommandée, d'autant que 29 % des accidents mortels chez les cyclistes surviennent après la tombée du jour. Il est obligatoire de munir son vélo d'un phare blanc à l'avant et d'un phare rouge à l'arrière, en plus des réflecteurs sur les roues du vélo.

En 2007, on dénombrait 14 décès et 132 blessés graves. Des accidents mortels, 55 % se produisent à une intersection. Depuis 2002, on a conservé une moyenne de 2500 blessures à la suite d'accidents de vélo, ou accrochage entre un véhicule automobile et un vélo, dont 29¬% impliquant des jeunes de six à 17 ans. Dans 60 % des cas, les blessures à la tête ont causé la mort des victimes, ou des blessures graves dans 30¬%, dont le tiers à des jeunes de 15 ans et moins. Il faut noter que 85¬% des accidents surviennent en milieu résidentiel ou commercial.

À vélo comme en auto...
À vélo comme en auto, il y a des règles à respecter comme l'obligation d'emprunter la voie cyclable lorsque la chaussée en comporte une, et de signaler ses intentions comme tourner, à gauche ou à droite, ou de s'arrêter. Il faut toujours circuler dans le sens de la circulation et à la file quand on roule en groupe.

Il existe une signalisation propre au cyclisme, et les cyclistes peuvent en prendre note en consultant le Guide de sécurité à vélo. Ce guide de sécurité s'adresse aussi aux adeptes de la trottinette motorisée, du patin à roues alignées, du ski et de la planche à roulettes de même que du véhicule-jouet. Ces derniers sont tous interdits sur la chaussée. Le guide mentionne aussi que les enfants de moins de neuf ans devraient toujours circuler à vélo en compagnie d'adultes responsables.

mardi 20 mai 2008

Une Randonnée du silence pour passer un message

La Tribune - Pascal Morin

Le silence sera d'or demain alors qu'un cortège de cyclistes défilera dans la ville, le tout en silence, afin de rendre hommage aux trop nombreux amateurs de vélo disparus sur nos routes.

Comme à chaque printemps depuis quatre ans, le Club cycliste de Sherbrooke organise en effet sa Randonnée du silence qui a non seulement pour objectif de se rappeler des victimes décédées en pratiquant leur sport favori, mais également de sensibiliser les automobilistes au partage de la route avec les cyclistes. Escorté par les policiers, le convoi de vélos partira à 18 h du IGA de la rue King Ouest, pour terminer son parcours au centre-ville dans le stationnement de la SAQ.

Des activités semblables seront organisées un peu partout au Québec au cours des prochains jours.

"Nous avons été les précurseurs au Québec à instaurer la Randonnée du Silence avec les Vélomanes de Sainte -Julie et les Cyclones de Granby, souligne l'un des organisateurs de l'événement, Richard Fortier. Avec nos actions concertées, nous sommes en mesure de constater qu'il y a, depuis quatre ans, une amélioration sensible de l'attitude des conducteurs face aux cyclistes.

"Nous avons toujours insisté sur la fait que les conducteurs ne sont pas des imbéciles, mais plutôt des gens qui ignorent le code la sécurité routière. Alors nous nous sommes donnés comme objectif de faire connaître l'article 341 du code de la sécurité routière du Québec", ajoute-t-il.

Cet article du code de la sécurité routière du Québec stipule justement que les conducteurs ne peuvent dépasser un cycliste à l'intérieur d'une même voie à moins qu'il n'y ait un espace suffisant pour effectuer la manoeuvre sans danger. Il donne également la permission aux conducteurs de franchir une ligne double pour le dépassement d'un cycliste. Le tout, évidemment, en s'assurant de ne pas prendre de risque inutile.

Tous concernés
M. Fortier insiste sur l'importance pour tous les utilisateurs de la voie publique de prêter une oreille attentive au message des porte-paroles de l'événement qui sont cette année Pierre Turgeon, journaliste sportif à La Tribune, et Mireille Roberge, animatrice à TVA Sherbrooke. Tous deux sont évidemment des cyclistes accomplis.

"Au Québec, il y a plus d'un vélo par personne, ce qui fait que tôt ou tard un parent, un ami, ou un frère se retrouvera sur la route. Quand vous croisez un cycliste ou un groupe de cyclistes, soyez aussi prudents en les dépassants dans l'autre voie, que si c'était quelqu'un de votre famille, souhaite l'organisateur. Les cyclistes ne demandent que de la tolérance à leur égard, et ils le vous rendront bien. Chaque année nous apporte son lot d'accidents impliquant véhicules et cyclistes. Ceux-ci pourraient être évités si on faisait la paix."

vendredi 31 août 2007

L'art de dépasser un cycliste

La Tribune - Marc Frappier (Tribune libre)

M. Dominic Ferland,
Vous avez entièrement raison : l'article 486 du Code de la sécurité routière stipule que les vélos doivent circuler en simple file d'une taille maximale de 15 vélos. Toutefois, laissez-moi vous donner une autre perspective de cette pratique, car cet article ne résiste pas très longtemps à une analyse des conditions de sécurité et de fluidité de la circulation.

Premièrement, il est plus simple et plus rapide pour un automobiliste de dépasser une double file d'une longueur de 8 vélos qu'une simple file de 15 vélos, la première étant deux fois plus courte. Deuxièmement, si un véhicule peut dépasser sécuritairement une simple file, alors il peut aussi dépasser sécuritairement une double file.

La raison en est très simple: par manque d'espace suffisant sur la plupart des routes du Québec, on ne peut pas dépasser sécuritairement un vélo si un véhicule arrive en sens inverse ou bien si le champ de vision ne garantit pas une distance suffisante pour le dépassement. En bref, cela veut dire que le seul dépassement sécuritaire d'un vélo est le changement de voie. Dans ce cas, dépasser une simple file ou une double file offre les mêmes conditions de sécurité. De plus, la double file oblige le conducteur à attendre des conditions sécuritaires de dépassement.

En simple file, bien des conducteurs sont tentés de "prendre une chance" et de dépasser, même s'il y a un véhicule en sens inverse, en se disant que "ça passe", surtout si les cyclistes ne prennent pas leur place et roulent sur la ligne blanche.

Malheureusement, le concept "d'attendre" entraîne chez bien des conducteurs des hausses de tension artérielle. En Espagne, le Code de la route est plus clair que celui du Québec: un véhicule doit laisser une distance de 2 m (6 pieds) entre son véhicule et un vélo. J'y ai effectué deux voyages de vélo; chaque fois, j'ai pu constater un respect quasi religieux de cette règle, même par les poids lourds en grimpant une côte. À plusieurs reprises, des camions m'ont suivi bien patiemment, roulant derrière moi à 15 km/h durant deux ou trois minutes, afin d'attendre des conditions sécuritaires de dépassement. Pourtant, les Espagnols ont le sang un peu plus latin que nous.

Finalement, bien des conducteurs estiment que le vélo devrait "se tasser dans la garnotte" lorsqu'ils le dépassent, plusieurs se faisant même un plaisir de l'exprimer à grands coups de klaxon. C'est bien la dernière chose à faire pour un cycliste.

Une amie l'a appris à ses dépends tout récemment en voulant éviter un trou: elle a immédiatement chuté, le dénivelé étant trop grand et le gravier trop mou. Elle s'est retrouvée en plein milieu de la route. Heureusement, aucun véhicule ne nous suivait.

dimanche 1 juillet 2007

La route des vacances sur deux roues

L'actualité - Jean Benoît Nadeau

Passionnés de vélo, des milliers de québécois profiteront de l'été en empruntant la route verte. Une belle façon de découvrir le Québec côté jardin !

Sur la ligne de départ un trait blanc en travers de la route 358 , les premiers coureurs sont alignés. Debout dans la caisse d'un camion lui servant de podium, la commissaire de course donne les dernières consignes. Puis, c'est le compte à rebours, suivi du ronflement des dérailleurs. Ça mouline à qui mieux mieux.
Fin avril, à Pont-Rouge, sur la rive nord du Saint-Laurent, pendant trois très effervescentes heures, une douzaine de pelotons plus de 400 coureurs ont ainsi pris le départ de la Classique Chlorophylle, première course cycliste de la saison. " Il n'y a jamais eu autant de monde en selle ", dit Jean-Yves Labonté, entraîneur au club Élicycle, à Québec, et organisateur de la rencontre.
Le Québec est fou de vélo, littéralement. C'est même l'un des domaines où la société distincte se " distingue " le plus. Le cyclisme y est plus pratiqué que le hockey, le baseball, le football ou la pétanque, quoiqu'un peu moins que la marche. Selon une étude de Vélo Québec, L'état du vélo en 2005, quelque 2,5 millions de Québécois parcourront plus de 700 km cet été une moyenne de 50 km par semaine , pour un beau total de deux milliards de kilomètres.
Le vélo est devenu un phénomène social considérable au Québec. Vancouver a beau dominer outrageusement Montréal pour le nombre de kilomètres de pistes cyclables, il n'existe pas encore de province canadienne ou d'État américain où le vélo est plus largement pratiqué parmi toutes les tranches d'âge, pour tous les usages et en tout temps. À Montréal, il y a des vélos partout, même l'hiver.

Il faut dire que le plus vieux club de vélo d'Amérique, le Montreal Bicycle Club, fut fondé en 1878. L'auto triomphante des années 1950 a failli faire oublier le " bécique " de Napoléon Plouffe et les vélos d'ouvriers cordés devant les clôtures des ateliers de Montréal et de Québec, mais la pratique n'a jamais vraiment cessé. Et les marmots qui enfourchaient jadis leur CCM à " siège banane " s'adonnent volontiers aujourd'hui à la balade apéritive, digestive, sportive ou jouissive.
Qu'est-ce qui explique cette popularité ? " Le vélo est l'une des rares activités physiques, avec la marche et la course à pied, qui soient à la fois sportives, récréatives et utilitaires. Cela produit un effet d'entraînement considérable ", dit Suzanne Lareau, PDG de Vélo Québec. Cet organisme militant, qui célèbre ses 40 ans, a allumé la passion québécoise pour le vélo avec le Tour de l'Île et le Grand Tour, et s'apprête à l'entretenir avec le tout nouveau circuit panquébécois, la Route verte ! lire la suite ››